Les gagnants du concours Racontons nos histoires

Première place : Mahalya Havard de Plantagenet
(Bibliothèque de Plantagenet)

Mahalya Havard, 28 ans, a été rédactrice et traductrice à Ottawa, mais est maintenant redevenue étudiante depuis qu’elle a entrepris, en septembre 2005, une maîtrise en sciences de l’information à l’EBSI, Université de Montréal. Elle a participé au concours afin de partager sa passion des livres et des bibliothèques, et de sensibiliser les gens à l’importance des bibliothèques publiques en milieu communautaire, en particulier dans les régions rurales comme Plantagenet, où elle a grandi. Elle est honorée et heureuse d’être finaliste, et espère qu’à son tour, en tant que future bibliothécaire, elle saura faire une différence dans la vie d’autres personnes.

« Du rêve à la réalité »
Par MAHALYA HAVARD


Je l’avoue, je fais partie de ces privilégiés qui ont grandi entourés de livres. En prime, Papa et Maman m’offraient quotidiennement, avant le dodo, l’« heure du conte ». Que d’aventures j’ai ainsi vécues en compagnie de la petite poule rouge, de Martine, et des animaux des fables de La Fontaine ! Pas surprenant, donc, que les livres occupent une place centrale dans ma vie.

La première fois que j’ai mis les pieds dans une bibliothèque publique, c’était pour un travail scolaire sur le sirop d’érable. Moment magique, réel coup de foudre ! Devant tous ces livres, aux formes et aux couleurs variées, alignés sur les rayons avec leur étiquette blanche sur le dos, j’étais émerveillée ! La Bibliothèque municipale de Plantagenet ne dispose que d’une modeste collection, certes, et les lieux sont plutôt exigus, mais, en franchissant la porte, on se retrouve comme par enchantement dans une véritable caverne d’Ali-Baba ? Toute bibliothèque publique regorge de trésors, peu importe sa taille ou ses ressources, surtout depuis l’arrivée des ordinateurs et de l’Internet, qui offrent une ouverture incontestable sur le monde.

Je vois la bibliothèque comme un endroit où l’on peut s’évader, voyager, rêvasser, partir à la découverte de nouveaux savoirs et même faire des rencontres inattendues. Je voue un attachement profond aux bibliothèques; que je sois triste, stressée, heureuse ou fatiguée, l’odeur apaisante des livres a sur moi un effet thérapeutique que je ne saurais expliquer. Dans cette oasis de détente où je me sens si bien, j’oublie le temps ? Les bibliothèques publiques constituent des espaces communautaires essentiels et incontournables.

Encore aujourd’hui, les livres font partie intégrante de ma vie, tout comme les bibliothèques publiques, qui en sont indissociables. Cette passion m’anime tant qu’après des études en littérature, je me trouve présentement à Montréal où j’étudie pour devenir bibliothécaire ! Je souhaite inculquer aux jeunes et aux moins jeunes le goût de la lecture, ainsi que la curiosité et le plaisir d’apprendre. Ce cadeau pour la vie que j’ai reçu, je me dois de l’offrir à mon tour. Quel bonheur indescriptible lorsque j’aperçois, au comptoir du prêt, un enfant serrer précieusement dans ses bras un livre ou un DVD qu’il vient de choisir, les yeux pétillants de hâte et de plaisir à l’idée de se lancer à l’assaut d’un monde merveilleux.

Je pense alors à cette fillette aux yeux noirs qui, chaque soir dans son lit, réclamait d’un « Encore ! » communicatif une autre histoire. Mais déjà, ses paupières devenaient lourdes, et c’est avec un bonheur sans cesse renouvelé qu’elle allait rejoindre, au pays des rêves, sa petite poule rouge et son amie Martine.

Deuxième place : Marie-Claire Vignola de Verner
(Bibliothéque publique de Nipissing Ouest)

Depuis que j’ai l’âge de raison, les livres m’ont apporté mille et une raisons d’aimer la vie ! Lorsque j’ai vu le signet à la bibliothèque de Sturgeon Falls annonçant ce concours, je me suis dit : « Voilà une belle occasion d’exprimer mon amour du mot écrit et des lieux vivants que sont les bibliothèques pour moi ! » Que je gagne ou non, ça m’importait peu…quoique, le fait d’être une finaliste est tout un honneur et me confirme que j’ai réussi à toucher les cœurs et les esprits par mon histoire ! M’accorder un moment de création et de vitalité en m’exprimant ainsi m’a procuré un plaisir que j’ai du mal à décrire. Donc, voilà que la sexagénaire de 62 ans, native d’Astorville dans le Moyen-Nord et à la semi-retraite après une longue carrière en éducation, en counselling et en pastorale hospitalière, est comblée ! Elle habite Verner avec sa famille et se consacre maintenant au bénévolat dans le domaine du deuil tout en songeant à mettre sur pied sa propre entreprise de consultation pour personnes endeuillées. Plus elle vieillit, plus elle aime la vie ! Merci à la Fédération des bibliothèques publiques de l’Ontario et à TFO/TVO d’être les agents d’une culture vivante !

« Un amour de bibliothèque »
Par MARIE-CLAIRE VIGNOLA


Une pluie fine tombait sur Sturgeon Falls un certain soir frileux de septembre 2006. Seule une grande passion pouvait tirer une sexagénaire aux cheveux argentés de son nid douillet. Où allait-elle d’une allure décidée, un sourire mystérieux aux lèvres et des yeux qui rêvaient d’aventure ? Qui allait-elle secrètement rencontré au coin des rues Holditch et Front ? Quel amant irrésistible se cachait derrière les murs innocents de la bibliothèque publique de Nipissing-Ouest ?

Ce soir elle allait renouer avec son amant de toujours dans le lieu qui leur était devenu complice. Celui qui l’avait fait rêver, danser, chanter, et rire aux éclats, celui qui lui avait même fait couler quelques larmes par ses confidences, celui qui l’avait accompagnée dans ses voyages les plus fous, elle le cherchait amoureusement du regard dans cette enceinte qui lui était devenue si familière. « Le voilà ! » murmura-t-elle ! Comme il était magnifique ce soir dans son complet marron ! Elle s’approcha et lui caressa doucement le visage d’une main émue. Et, pendant des heures il enchanta son cœur par des récits d’autrefois. Des êtres dansaient dans son imaginaire : ils avaient nom Ethier, Lacroix, Guillemette, Danis. Aux paroles suaves de son amant, ils prenaient forme sous ses yeux et parlaient de courage et de défrichage, de labeurs et de sueurs ! Elle se sentait si humble et si ingrate : comment avait-elle pu les ignorer, les oublier. Parce qu’ils avaient travaillé, bâti, aimé, persévéré, elle était là, elle, aujourd’hui.

Elle posa sa main tendrement sur le cœur de son ami. Jamais plus elle ne serait la même après cette soirée de septembre. Ce soir, elle avait commencé une longue quête de ses racines.

« Reviens la semaine prochaine ? » lui chuchota son ami. Et c’est ce qu’elle fit. Son ami au complet marron lui présenta plein d’autres copains, tout aussi savants que lui et tous habités par le même désir de partager. La source semblait maintenant intarissable et notre sexagénaire en était ravie, et même rajeunie. Elle avait des ailes et rien ni personne ne pourrait détruire son enthousiasme.

Cette sexagénaire, c’est moi ! Depuis toujours, je vis une relation d’amour avec les livres et les bibliothèques publiques ont été de fidèles complices tout au long de cette aventure. Me voilà à l’automne de ma vie et je sens le besoin de retourner à son printemps. La bibliothèque publique de Nipissing-Ouest a été à la source de ses retrouvailles. J’entre là comme j’entre chez-moi ! Toutes les ressources généalogiques sont à portée de main et tout le personnel rivalise de gentillesse et de serviabilité pour répondre à mes besoins. Plus qu’un lieu c’est une expérience de vie, une vie informée, inspirée, transformée, grâce aux bibliothèques publiques de l’Ontario !

Troisième place : Francine Lafortune de Sudbury
(Bibliothéque publique du Grand Sudbury)

À 37 ans, Francine Lafortune est mère de deux enfants, Frédéric et Maxine, ainsi qu’enseignante en 4e année avec le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario. Après avoir pris connaissance du concours d’écriture lancé par la Fédération des Bibliothèques Publiques de l’Ontario par l’entremise du journal Le Voyageur, hebdomadaire francophone à Sudbury, elle saisit l’occasion pour reconnaître les multiples efforts du personnel de la bibliothèque visant à accroître la compétence de la communauté au niveau de la littératie. Elle se dit heureuse et très étonnée que son texte ait été choisi.

« Bibliothèque publique : bouée de sauvetage devenue cadeau »
Par FRANCINE LAFORTUNE


Rappelez-vous, un moment, les journées d’été pendant lesquelles la chaleur devient particulièrement écrasante. Ceci vous permettra de comprendre pourquoi mes deux enfants et moi nous nous sommes réfugiés, comme plusieurs qui recherchaient eux aussi une amnistie des extrêmes canadiens, à l’intérieur climatisé de la bibliothèque publique.

L’angoisse d’avoir à les tenir tranquilles s’est rapidement dissipée. D’abord, le plus vieux s’est mis à pitonner à l’ordinateur. La plus jeune, elle, demeura plusieurs minutes sidérée devant un immense aquarium. Ensuite elle est allée s’installer dans un fauteuil miniature avec une série de livres cartonnés.

Dans le temps de le dire, les heures cuisantes de l’après-midi s’étaient agréablement passées.

Le lendemain, voilà qu’ils demandent d’y retourner. Et encore et encore jusqu’à ce que l’école recommence et que ça devienne notre sortie du vendredi ! Lorsqu’ils changent de livre, c’est comme s’ils se choisissaient des trésors, surtout lorsqu’il s’agit de nouveautés. Ils adorent participer aux ventes de livres usagés.

Maintenant, mon garçon se passionne des personnages qu’il y a découverts notamment d’Amos Daragon, des Bionicles tel Vakama et Les Meilleurs Macs. Si je lui permets des vidéos ce sont toujours celles de Super machines qui priment. Ma fille, elle, raffole des livres-cassettes qu’elle emprunte. Je me suis souvent éprise au scénario qu’elle écoutait plutôt que de concentrer sur la vaisselle.

Depuis, mes enfants ont eu la chance de participer au Club de lecture d’été. Dans ce contexte, ils ont chanté, ils ont fait des bricolages qu’ils ont même mangé par la suite et ils ont assisté à des spectacles très variés. Pendant la cérémonie thématique de clôture, c’est une princesse et un martien bien costumés qui ont envahi la bibliothèque. En effet, c’est tellement amusant et profitable, les sourires en témoignent grandement, que je propose que la bibliothèque invite les enfants pour des activités semblables lors des journées pédagogiques.

Et le bonheur se prolonge. Le samedi matin, je me lève pour les trouver sur leurs coussins préférés du salon, collés à une bande dessinée. Ils se disputent seulement lorsque les deux veulent lire le même Garfield en même temps ! De plus, l’école a lancé le concours de la Bataille des livres et mon plus grand s’y est déjà engagé.

Évidemment, le personnel dévoué à la bibliothèque (et je vous applaudis pour votre professionnalisme), les ressources multiples qui s’y trouvent et les programmes que la bibliothèque parraine ont un impact positif et durable sur nos vies. Un grand merci alors et des souhaits de bonne Super conférence de l’Association des bibliothèques de l’Ontario !

Une maman reconnaissante